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LES MOTS ONT UN SENS... Maison ou immeuble ? Une question d'appellation...

Publiée le 25/06/2013

        Si la langue française contemporaine ne souffre aucune ambiguïté quand il s’agit du substantif immeuble, à savoir un bâtiment divisé en appartements d’habitation, une acception qui prévaut depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, on peut rapidement sombrer dans la confusion dès lors qu’il s’agit d’opérer quelques distinctions.

Un immeuble a-t-il forcément plus d’un étage ? Une maison de plain-pied n’est-elle pas un bien immeuble ?

 

Les maisons à étages ne datent pas de l’époque moderne, loin s’en faut puisqu’on en connaît depuis la plus haute antiquité. Ainsi, en Egypte, si le paysan se contentait d’une méchante bâtisse de briques crues et de torchis d’un seul niveau, en ville on trouvait des maisons avec étage, évidemment réservées aux notables, avec les parties communes au rez-de-chaussée et les chambres au premier. Chez les Grecs, la même architecture prévalait avec des pièces à l’étage qui étaient parfois louées à des personnes de passage en ville.

 

Il faudra attendre la surpopulation de Rome pour voir apparaître de « vrais » immeubles, la fameuse insula dont les niveaux inférieurs étaient réservés aux plus riches. En sachant qu’aux premiers siècles de la ville, on appelait insula un bloc d’immeubles entouré par une voie, une parcelle construite, à l’image des blocks américains. Qui deviendra un immeuble de rapports à partir du IIe siècle avant JC, c’est-à-dire un bâtiment divisé en logements occupés par des gens qui n’appartenaient pas à une même famille. Pour se répandre dans les grandes villes de l’Empire en atteignant jusqu’à sept ou huit étages.

 

 Le siècle suivant couronnera le béton armé, avec le premier immeuble ainsi bâti à Paris dans le VIe arrondissement en 1901, un procédé roi dans pratiquement toutes les constructions d’immeubles citadins d’après-guerre, car il fallait faire vite et bon marché. Les immeubles ne connaissent plus alors aucune limite de hauteur et s’approprient définitivement le vocable aux dépens de ses autres acceptions. Car aujourd’hui, peu importe finalement le nombre de niveaux que comporte un édifice ! S’il s’agit d’un bâtiment composé de plusieurs appartements en location ou en propriété, on parle d’un immeuble. Dans le cas contraire, on désigne une maison. Un distinguo qui n’a donc plus grand-chose à voir avec le sens originel du mot.

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